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Pause café

coffee break - pause café

Jour 1

J’aime bien aller au distributeur de café du 4ème étage, il est situé dans un petit local tout au bout d’un couloir, je suis sûre à 95% que personne ne va y squatter et j’y déguste mon breuvage brulant bien tranquillement. Au contraire de mes collègues qui se déplacent au distributeur en troupeau, je préfère m’isoler pour ma petite pause café loin du brouhaha de l’open-space. Pourtant aujourd’hui en approchant du minuscule local j’entends du bruit, quelqu’un vient d’insérer des pièces dans la fente et sélectionne sa boisson. Pendant que le café de l’importun se prépare, je réfléchis. Faire demi-tour ? Espérer que l’inconnu s’en aille rapidement une fois servi ? J’ai pas envie de partager ma pause mais la curiosité me fait tout de même avancer quelques pas de plus. Qui vient squatter mon coin à moi ?

Il est là, insolemment nonchalant devant ma machine à café, dans ma pièce. La cinquantaine, dégarni, du genre baraqué viril. Polo, jeans, jolies chaussures, il me dévisage lorsque j’approche, comme si c’était moi qui le dérangeait. Il n’est pas gêné celui là, c’est quand même ma pièce, ma pause et il n’a pas l’air d’avoir envie de décoller. Je glisse mes pièces dans la fente et sélectionne un café long sans sucre, nous buvons notre café en silence l’un en face de l’autre, je le surprend à croiser mon regard à plusieurs reprises, il commence vraiment à m’agacer celui là. Son gobelet vidé, il le balance dans la corbeille et daigne enfin partir. En sortant, il me lance un « Bonne après-midi« . Enfin seule, je ne l’avais jamais vu ce mec dans la boite, pourtant il n’a pas l’air d’un p’tit nouveau, avec quelques années de moins il serait beau gosse, bref.

 

Jour 2

Je suis plongée dans mes pensées, seule depuis quelques minutes quand il déboule dans mon espace, c’est pas vrai … y a t’il un moyen pour me retrouver seule ? Je ne vais quand même pas aller boire mon café aux chiottes ?!? Et le voilà qui s’adosse face à moi, son noisette à la main … Cette fois je soutiens son regard, je ne vais pas me laisser intimider. Il me sourit largement, il a plein de rides d’expression autour des yeux et je dois bien avouer que le malotru est charmant. « Marcel, enchanté » me dit t il de sa voix grave. Je lui réponds sèchement : « Bonnie« , je rêve, il me tend la main pour la serrer. « Je suis à l’organisation, mais je viens en pause ici, c’est plus calme » poursuit-il. « Oui c’est pour ça que je viens, pour être seule » je lui répond promptement. Je suis désagréable et alors? Je tourne les talons et le plante là, son stupide gobelet à la main.

 

Jour 3

A t il compris le message ? Ou vais-je encore devoir partager ma pause avec ce Marcel ? Évidemment qu’il est là. Au moment ou j’arrive il me tend un gobelet fumant. « Long sans sucre c’est bien ça ? Je suis désolée, nous ne nous sommes pas bien compris, je n’avais aucune envie de vous importuner et je sais que ce café n’est pas grand chose, mais je vous l’offre avec plaisir pour me faire pardonner » Il a vraiment une jolie voix grave, un beau regard profond mature et pétillant, devant mon sourire il sourit à son tour et une nouvelle fois je suis frappée par les dizaines de rides d’expression qui forment un soleil autour de ses yeux bleus. Avec sa voix grave et son corps massif ce mec est le mâle absolu, tout à fait le type de mec qui me fait kiffer et je ne m’en aperçois qu’au bout de 3 jours. Pendant quelques minutes nous partageons cette pause, dans cet espace exigu, sans parler, juste en nous regardant de temps à autre. Je le détaille, les muscles de ses bras sont épais, ses lèvres sont pleines et bien dessinées, comme on doit être bien dans ses bras à se laisser embrasser la nuque, la bouche, mordiller les oreilles, mmmh… En m’en retournant, je lance un demi-sourire au lèvre « A demain ? » il n’a pas le temps de me répondre, je suis déjà partie.

 

Jour 4

J’ai pensé à Marcel une partie de la matinée. C’est une folie, il doit avoir 15 ans de plus que moi mais il est clair qu’il m’attire. Mon esprit s’échappe vers la petite salle du 4ème où je m’imagine plaquée contre la machine à café, les grandes mains viriles de Marcel remontent le long de mes cuisses soulèvent ma jupe, pendant que penché sur moi il m’embrasse dans le cou. Pur fantasme, mais je frissonne comme si je sentais son souffle derrière mon oreille et ses mains plaquées sur mon cul. Je ne vais pas être très productive aujourd’hui. Plus l’heure de ma pause approche, plus mon cœur bat fort dans ma poitrine, des bouffées d’excitation m’étreignent le long du dos, j’ai chaud.

J’y vais en avance pour mener le jeu ? Ou en retard pour me faire désirer ? En avance, définitivement, je n’y tiens plus. Dans l’ascenseur je vérifie mes cheveux, en profite pour remonter un peu mon soutien-gorge, je respire lentement deux fois, j’y vais. Marcel arrive alors que je suis en train de me servir, nos peaux se frôlent alors qu’il entre dans l’étroit réduit, mes pupilles se dilatent, la chair de poule recouvre mon bras et un sourde douleur d’excitation envahit mon sexe, pfiou qu’il est viril et fort, j’ai juste envie de lui, c’est animal.

Nous échangeons peu de mots, j’ai peur de bafouiller, il me regarde intensément comme à son habitude et j’ai l’impression que je vais fondre, ou exploser ou imploser ou… Peu à peu, comme mus par une force indépendante de nos volontés, nos corps se rapprochent, nous somme presque torse contre torse et je suis électrique. Quelque millimètres nous séparent lorsqu’il penche son visage vers le mien et vient frôler mes lèvres avec les siennes et son bras puissant enserre ma taille. Je n’y tiens plus et je veut qu’il m’embrasse goulument, qu’il goute ma bouche avec voracité, cependant il continue de me frôler du bout des lèvres. Les pointes de mes seins tendues par le désir s’écrasent tout contre lui, mon ventre, mon sexe, mes jambes sont désormais étroitement plaquées contre lui ce qui me permet de deviner la violente érection qui emplit son pantalon. Il passe la main dans mes cheveux, son haleine chaude me fait défaillir, je sais que je suis humide et que je pourrais me donner à cet homme, ce presque inconnu sans attendre.

Combien de temps à duré notre étreinte ? Je ne sais pas, je me souviens du bruit de pas dans le couloir qui nous a forcé à nous détacher l’un de l’autre, j’ai le rouge au joues, la gorge sèche mais la culotte trempée. L’après-midi se déroule, longue de frustration.

 

Jour 5

Je l’attend depuis 4 minutes et 38 secondes mais il n’arrive pas. A t il été retenu par un coup de téléphone ? N’a t il pas envie de venir ? S’est t il fait enlever par des extraterrestres ? Est il en train de bécoter une autre fille, à une autre machine à café , à un autre étage ? Fuck ! quel connard. Allez Bonnie oublie-ça, savoure ta pause retrouvée … toute seule … désespérément seule … Merde je me casse !

Une dizaine de minutes après être revenue à mon bureau,ma boite mail clignote. C’est un mail de Marcel, « Bonnie, je t’ai attendu quelques minutes puis je suis parti, tu n’arrivais pas… J’ai cherché ton nom dans le trombi, heureusement les Bonnie ça ne court pas les rues et encore moins les machines à café. Je te propose un deal : rendez-vous à partir de 17h, j’ai réservé une chambre, la 19, à l’hôtel hibou. Je sais que ça parait dingue et qu’il n’y a pratiquement aucune chance pour que tu viennes, tu en a surement rien à foutre, ou autre chose à faire, mais si tu viens, enfin bref, je verrai. Marcel »

 

Il est 17h et 3 minutes lorsque le cœur battant à tout rompre et la culotte fourrée dans le sac à main, je frappe à la porte de la chambre 19 …

 


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1 Commentaire

  1. jean-louis

    Mmmmm trop trop bien j’aime cette façon d’écrire sur toutes ces sensations qui nous habitent lol,mais en même temps ça sent un peu le vécu.

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